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Nom du blog :
derkelly
Description du blog :
Des livres éparpillés dans cette nébuleuse qu'est la toile de mes idées.
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
10.05.2007
Dernière mise à jour :
18.06.2007
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Christian Bobin

Posté le 12.05.2007 par derkelly

la folle allure

les choses sans nom ce n'est rien pas même des choses.

j'ai déjà remarqué ça: les gens on les aime tout de suite ou jamais.

tu sais, petite, la pâtisserie et l'amour, c'est pareil, une question de fraîcheur et que tous les ingrédients, même les plus amers tournent au délice.

c'est fou ce qu'on peut dire comme bêtises pour retenir les gens, et c'est fou comme les gens croient aux bêtises qu'on leur dit.

ce qui est fait pour tout le monde n'est fait pour personne.

les rires se sont les larmes qui se consolent toutes seules.

il en va du silence comme de l'amour. On passe sa vie à les fuir.

nous sommes des ombres qu'un peu de vent habille.



--

La musique

Posté le 12.05.2007 par derkelly
Maria Callas est certainement la plus grande interpète d'opéra. un jour en écoutant Norma, ma main fut guidée vers une plume et écrivit ceci:

"Ne vous est-il jamais arrivé de vous surprendre à rêver d'un long voyage au fil des notes, au fil du temps que fait lentement basculer la musique?
longues plaintes déplorant l'amour, longs récits à travers l'atmosphère enivrante d'une main posée sur un piano. le temps s'arrête, le mal s'estompe, l'âme vagabonde, elle s'échappe de votre corps, se balançant lentement dans l'air environnant. par la fenêtre, tout paraît si serein, la nature vous appelle à l'harmonie des sens. tout vous semble limpide, dénué des impuretés de la main de l'homme. car ce que vous ressentez est bien plus fort que l'amour, le guerre ou la paix. plus rien n'existe en cet instant, la terre vous appartient dans se tranquilité."

Un rêve

Posté le 11.05.2007 par derkelly
Manteau froissé, porte entre-baillée,
Tiroir ouvert, miroir brisé,
Douce atmosphère de l'abandon!
Pourquoi n'acceptes-tu pas mon pardon?

Eau qui coule, parquet ciré,
Carreaux sales, chaise renversée
Tel est le silence de la maison!
Qui cache-t-elle, quel démon?

Torture incessante de mon cerveau,
Qui fuit si vite ce méli-mélo de mots
Comme Camus fuyait la peste,
Je fuis les trames de mon cerveau.

Maison seule au bout du chemin,
Seule face à son destin,
Je cours fuyant le carmin
Qui sur répand sur mes mains.

Crime réel ou pure utopie!
J'ai ouvert le livre des farces
Que les esprits fantasques
Ecrivent lorsqu'ils sont endormis.

L'hiver

Posté le 11.05.2007 par derkelly
Hiver,
Longue saison dépourvue de vie,
Il court comme le vent,
Laissant tout en suspen.
Le ciel n'est plus que gris
Et la neige sans aucun bruit,
Touche le pavé glacé.
Le monde s'est endormi,
La vie s'est effacée.
Longs instants de souffrances,
Pour les âmes esseulées,
La nature dans son silence,
S'est dévétie de sa beauté.
Le temps avec patience
Suit le cours de son avancée,
Et nous êtres insignifiants
En sommes les prisonniers.

Les choses

Posté le 11.05.2007 par derkelly
Je ne suis lasse de rien, mais tout se lasse de moi.
Cette porte s’ouvrant tous les jours sous la pulsion de ma main me supplie d’arrêter de la tyranniser.
Cette lampe qui s’allume sous le poids de mon doigt sent venir la mort prochaine, de son ampoule grillée.
Ce lit se tordant sous le poids de mon corps, implore ma clémence pour ses lattes usées.
Ce verre qui se noie sous l’eau savonneuse aimerait bien que je le laisse respirer.
Ce livre qui se corne à chaque page tournée me regarde attentif poser mes yeux sur lui pendant des heures et des heures, tourmenté.
Cette chanson qui passe et repasse, me juge obsessionnelle et souhaiterait se rayer.
Et cette télécommande martyrisée par mes ongles anxieux espère un jour que je renie la télé.
Quant à mon collier, il aimerait m’étrangler afin que je ne lui fasse plus respirer l’odeur de mon parfum sucré. Il aimerait bien passer au salé.


Nous ne faisons pas assez attention aux choses. Un jour elles se retourneront contre nous, c’est certain!

Les yeux de ceux qu'on aime

Posté le 11.05.2007 par derkelly
Les yeux de ceux qu'on aime, ces étoiles de courage, ces deux brillants mirages.
Deux pupilles éclairées par la joie d'être soi.
Deux univers hypnotisant, enivrant, tourbillonnant.
A ces yeux sertis d'un regard j'aimerai murmurer :
Emmène moi, fait moi danser dans le firmament de tes pensées,
Enlace moi, fait moi valser sous une pluie d'idées,
Entoure moi, de ce que tu es que je puisse te respirer,
Enferme moi, avec toi dans ta prison dorée.

L'acte d'écrire

Posté le 11.05.2007 par derkelly
L’acte d’écrire fait souffrir.
Il vous transporte au plus profond de vous-même, là où se cache la souffrance, l’amertume et l’incertitude.
Il vous fait mal, vous déchire l’âme, vous torture le poignet et vous délaisse, agité, devant une feuille blanche, immaculée. Car comment écrire ce que l’on ressent vraiment?
Comment trouver les mots justes, les mots vrais, ceux qui comme par enchantement dévoilent toutes vos pensées?
Même si votre plume court sur le papier comment arriver à cette perfection de soi-même?
Comment traduire ce que nous sommes, nous, êtres imparfaits, submergés par l’envie de dire sans y parvenir?
Je doute que les poètes que nous adorons aient eu ce sentiment de perfection en réalisant leurs écrits. Peut-être qu’eux aussi ont cherché toute leur vie cette façon de se dire et de s’écrire sur un bout de papier ramassé au coin d’un pupitre d’écolier?
Peut-être ont-ils aussi parcouru leur âme à en pleurer?
Peut-être ont-ils ressenti eux aussi ce vide des mots, cette sensation d’une langue pauvre?
La parole est-elle réellement si insuffisante?
Devrons-nous à jamais garder enfermées ces bribes de nous-même sans jamais pouvoir nous en libérer?
Sommes-nous enchaînés à cette maladie d’écrire qui porte la littérature?

Ivresse d'une caresse

Posté le 11.05.2007 par derkelly
Ivresse d’une caresse parcourant mon corps,
Tendresse à la renverse qui me serre si fort.
La vie nous pousse à faire certaines choses sans nous donner d’explication.
Pourquoi devrai-je aimer ce qui imperturbablement me fait pleurer?
La vie nous donne des leçons, mais jamais nous ne les suivons.
C’est comme si nous faisions abstraction de ce qu’un jour elle nous apprit, convaincu au fond de notre âme qu’elle avait tord.
Et puis l’on se retourne et tout tourne, rien n’a réellement changé, c’est le décor qui bouge et nous sommes restés les mêmes et nous refaisons les mêmes erreurs encore et encore.
Nous allons ainsi à notre perte, fermant les yeux sur les conséquences, vivant à nouveau ce qui nous fit souffrir un beau jour, oubliant trop souvent ce qui nous rendit heureux.
Et l’hymne à la détresse d’une souffrance vengeresse.
Ivresse d’une caresse parcourant mon corps,
Tendresse à la renverse qui me serre si fort.

Paul Eluard

Posté le 11.05.2007 par derkelly

j'ai envie de vous présenter un auteur qui me tient particulièrement à coeur: Paul Eluard, le poète de "Capitale de la douleur" voici quelques bribes de son recueil.

"Une ombre...
toute l'infortune du monde
et mon amour dessus
comme une bête nue."

"elle se refuse toujours à comprendre, à entendre,
elle rit pour cacher sa terreur d'elle-même.
elle a toujours marché sous les arches des nuits
et partout où elle a passé
elle a laissé
l'empreinte des choses brisées"

"la courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
un rond de danse et de douceur,
auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu,
c'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

feuilles de jour et mousse de rosée,
roseaux du vent, sourires parfumés,
ailes couvrant le monde de lumière,
bateaux chargés du ciel et de la mer,
chasseurs des bruits et sources des couleurs.

parfums éclos d'une couvée d'aurores
qui gît toujours sur la paille des astres,
comme le jour dépend de l'innocence
le monde entier dépend de tes yeux purs
et tout mon sang coule dans leur regard.

Louis Aragon

Posté le 11.05.2007 par derkelly

Que représente la parole? faut-il mentir pour se faire aimer? ne sommes nous que mensonge?
je vous livre ici un passage de l'oeuvre d'Aragon "Aurélien", incontestablement le chef d'oeuvre du XXe siècle:

"Il parlait, il parlait tout le temps pour qu'elle ne pût se douter de ce qui l'habitait, de sa déception, de ses mouvements secrets, de cette chaleur subite. De quoi parlait-il? Il le savait à peine. Il jouait à cache-cache avec ce qu'il pensait. Il avait peur de l'aimer. Il avait peur de ne pas l'aimer. Ils étaient là, dans ce café, absurdement. Ils avaient si peu de temps à eux. Il sut tout à coup qu'il allait la perdre. Il ne douta plus de l'aimer, le coeur lui battit, il écouta les mots stupides dans sa propre bouche. De quoi fallait-il donc parler? D'autre chose, d'autre chose. Comme tout est dérisoire... Elle ne le connaissait pas... Si elle le connaissait l'aimerait-elle? On ne sait pas ce qu'il faut faire pour se faire aimer: se montrer comme on est ou mentir. On balance entre les deux. On fait les deux d'ailleurs, au hasard un peu. On se fait comme on voudrait être, comme on croit qu'il faudrait paraître, et puis on se dit:"Ce n'est pas moi..." On cherche à se montrer... à son pire... à déplaire... Qui sait si ce n'est pas le moyen de plaire?"
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